Nous vivons une époque de changements accélérés, dans laquelle de nombreuses personnes, organisations ou territoires manquent de clés pour comprendre, s’orienter et agir. Nos systèmes éducatifs, managériaux, et politiques ne nous ont tout simplement pas préparés à un monde où les ressources pourtant abondantes de notre planète sont menacées, et où certains grands équilibres menacent d’être rompues. Cet article vise à donner quelques clés sur l’analyse scientifique des « limites planétaires », un des points de départ des politiques de transition écologique et sociale.

Trop souvent, le développement durable apparait comme un effort louable de faire mieux, dans un système économique et social, sans faire différemment, et donc sans être un agent de changement de ce système. Répondre au coup par coup à des contraintes, certes majeures, aux activités des entreprises et des collectivités sans engager un changement en profondeur de leur rapport à la Biosphère est voué à produire des effets trop limités pour faire face aux mutations en cours.


Le développement durable – une première prise ce conscience

Une première prise de conscience des changements à opérer a pris forme au niveau international avec le rapport du Club de Rome (« Halte à la croissance », traduction imparfaite des « Limites de la croissance« ) en 1972, le rapport de Mme G. Brundtland sur le développement durable en 1987 et les Sommets de la Terre et du développement durable de 1992 à Rio, à Johannesburg en 2002, et de nouveau à Rio en 2012.

Le graphique à droite figure les courbes de la population, des ressources disponibles par habitant, de l’alimentation et de la pollution. Dans les scénarios actuelles, celles-ci se croisent vers 2030, provoquant un effondrement des ressources disponibles. Les mises à jour décennales ont malheureusement confirmé que nous sommes sur la trajectoire du pire des scénarios envisagés.

Au 3e Sommet de la Terre de Rio (1992), gouvernements, ONGs, bientôt rejoints par les autorités locales, se sont mis d’accord sur un Agenda 21, ou programme d’action pour le 21e siècle. Une nouvelle façon d’envisager l’action collective est née, plus transversale, plus ascendante et plus participative… du moins en principe.

Mais l’image largement diffusées des trois (ou quatre) piliers ou cercles ci-dessous à gauche est trompeuse. En effet, comme l’ont remarqué plusieurs auteurs, ce que l’on a coutume d’appeler « l’environnement » n’est pas un cercle parmi d’autres, mais bien la condition de la vie sur Terre, et donc de notre société et de notre économie. Un schéma comme celui proposé par René Passet dans son ouvrage « L’économique et le Vivant » (à droite) serait plus juste que le schéma classique (à gauche).

schemaDD1  4-piliers-dd

 

Allant plus loin dans l’analyse, au cours des dernières décennies, des scientifiques, comme J. Lovelock et L. Margulis ont proposé de considérer notre planète comme un système vivant. Cette approche systémique introduit des notions comme les boucles de rétroaction (positives ou négatives), les seuils, illustrés notamment par le grand scientifique et vulgarisateur Fritjof Capra.


Les limites planétaires comme espace d’innovation

Plus récemment, la notion de limites planétaires, planetary-boundaries-credit-Azote+copyproposée par Johan Rockström du Stockholm Resilience Centre, illustre les seuils déjà atteints, risquant de mettre à mal le système-Terre, et donc la base même de la vie en société. Cette équipe a identifié 9 sous-systèmes, dont 3 (en rouge) ayant dépassé un seuil critique, défini par une variable :

  1. le changement climatique
  2. la diminution de la biodiversité
  3. la perturbation des cycles azote / phosphore
  4. la diminution de la couche d’ozone
  5. l’acidification des océans
  6. la consommation mondiale d’eau douce
  7. les changements d’affectation des sols
  8. la pollution chimique
  9. la pollution atmosphérique par les aérosols

Ces « limites planétaires » sont liées les unes aux autres : la transgression de l’une d’entre elles implique des risques pour les autres sous-systèmes.

La Transition écologique : un impératif et une chance

 

C’est donc que notre système économique, un sous-système de notre planète, perturbe fortement les niveaux supérieurs du système-Terre. Il est donc urgent de modifier les caractéristiques de ce système, et pas seulement certaines de ses paramètres habituels, comme son taux de croissance ou le taux d’innovation technologique.

Or, selon l’ONG internationale Oxfam, cet espace de changement existe. La figure a gauche inclut en son centre l’espace nécessaire pour répondre aux besoins humains. Il est possible de répondre aux besoins fondamentaux d’une grande partie de l’Humanité tout en respectant les limites planétaires.


“Aucun problème ne peut être résolu au niveau de conscience qui l’a engendré“

Par cette phrase, Albert Einstein se référait aux processus d’apprentissage, de maturation et d’évolution des personnes et des organisations humaines dans des situations complexes. La définition scientifique de la Transition, est celle d’un processus de transformation, par lequel un système change de manière fondamentale son fonctionnement et son organisation. La Transition écologique, c’est changer les modes d’action de nos organisations et des personnes pour qu’elle soient non seulement compatibles, mais aussi contribuent à restaurer, les fonctions de support des systèmes écologiques et sociaux.

Si le développement durable est souvent pensé comme la réponse à de nouvelles contraintes, s’inscrire et anticiper la transition écologique offre aux entreprises, aux collectivités, aux associations et aux porteurs de projets de nombreuses opportunités de développement et d’épanouissement.

 

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